La production d’algues en Europe et la culture en France

La Commission européenne a publié en juin dernier le rapport 2020 de l’UE sur l’économie bleue. L’occasion de faire le point sur la biomasse d’algues en Europe et en France.

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La troisième édition du rapport sur l’économie bleue est désormais disponible : https://blueindicators.ec.europa.eu/published-reports_en

Ce document, réalisé par la Direction Générale des Affaires Maritimes et de la Pêche (DG-MARE) et le Centre de Recherche Commune (JRC), donne un aperçu des performances des secteurs économiques de l’UE liés aux océans et à l’environnement côtier. Avec un chiffre d’affaires de 750 milliards d’euros en 2018, l’économie bleue de l’UE se porte bien. Le secteur de l’économie bleue occupait également 5 millions de personnes en 2018.

Spécifiquement le secteur lié à la biomasse d’algues en Europe y est décrit comme le plus développé des secteurs émergents de la bioéconomie bleue. Dans ce contexte, le terme « biomasse d’algues » comprendra les microalgues, les macroalgues (algues marines) et les cyanobactéries (spiruline). Les macroalgues sont récoltées à partir de stocks sauvages ou cultivées en mer (côtière ou offshore) ou à l’intérieur des terres. La spiruline est principalement produite dans les étangs ouverts, et les microalgues sont produites dans des étangs ouverts ou des systèmes fermés comme des photobioréacteurs ou des fermenteurs.

Selon les statistiques disponibles, la production de biomasse d’algues augmente dans le monde entier et atteint 33 millions de tonnes (poids) en 2016, dont 0,57 % du volume (0,2 million de tonnes) a été produit en Europe (UE 28 + EEE). La biomasse d’algues au niveau mondial est principalement fournie par l’aquaculture (96,5 % en 2016) tandis qu’en Europe, la récolte à partir de stocks sauvages a contribué dans la même période à 98 % de la production totale d’algues. Les statistiques de la FAO montrent qu’au cours de la dernière décennie (2008-2017), les principaux fournisseurs au niveau mondial étaient la Chine et l’Indonésie (contribuant à 91 % de la production hors UE) suivi de la Corée du Sud. En Europe, la biomasse d’algues est principalement fournie par la Norvège (71 %) suivie par l’Irlande et la France.

Selon la base de données du JRC sur les algues, en 2019, il y avait 126 entreprises productrices de microalgues et de macroalgues dans l’UE, un total de 144 usines de production et 15 entreprises de production dans d’autres pays de l’EEE avec une usine chacun. À partir de celles-ci, 57 % des entreprises ont produit des macroalgues et 43 % des microalgues. La France accueille le plus grand nombre d’entreprises suivie de l’Espagne, de l’Irlande et de l’Allemagne. En France, en Espagne, au Portugal et aux Pays-Bas, le nombre de producteurs de macro- et microalgues est approximativement égal. La production d’algues en Allemagne, en Italie et en Autriche est dominée par les microalgues, tandis qu’en Irlande et au Danemark la production de macroalgues est dominante. Les producteurs de spiruline ne sont pas encore cartographiés, mais sur la base des estimations du JRC, il existe environ 250 fermes de spiruline opérant dans l’UE, dont environ 150 sont situées en France.

Sur la base d’une enquête menée par le JRC, le secteur de la production de macro- et microalgues repose principalement sur des entreprises de petite taille avec moins de 20 salariés chacun (79 % des entreprises), travaillant principalement à temps plein. Selon les données collectées, les filières de production de biomasse de macro- et microalgues ont été estimées à environ 3 000 personnes.

Les estimations de l’Association européenne pour la biomasse des algues (EABA) soulignent que le secteur des microalgues a généré un CA de plus de 350 M€ en 2018 en considérant à la fois les entreprises et les emplois, et plus de 400 M€ lorsque les équipements et la R&D sont également considérés.

Selon le rapport du Blue Bioeconomy Forum le secteur des algues est confronté à un certain nombre de défis qui ralentissent son développement. Le plus important est lié au cadre politique et réglementaire. Les exigences législatives relatives aux différents aspects de la production ne sont pas harmonisées entre les États membres, tandis que les normes de la législation de l’UE (EFSA ; règlement sur les nouveaux aliments) peuvent créer une charge financière et l’incapacité des entreprises de l’UE à être compétitives avec les marchés étrangers.

Et la culture en France ?

L’enquête statistique de l’aquaculture française réalisée en 2019, a pour la première fois recensé les cultures de macroalgues et microalgues ainsi que la spiruline. http://draaf.bretagne.agriculture.gouv.fr/Enquete-aquaculture-2018

Au total 160 entreprises ont produit 188 tonnes de biomasse en 2018 pour un montant total de 8.9 M€ (toutes algues) et des pertes estimées à 17%. Ce tonnage se décompose comme suit : 

  • Le volume de macroalgues est estimé à 125 tonnes d’algues fraiches dont 68 tonnes de wakame (Undaria pinnatifida),  45 tonnes de Kombu royal (Saccharina latissima) et 8 tonnes d’autres macroalgues. En 2018 neuf  entreprises assuraient la culture des macroalgues en France.
  • Le volume de spiruline (cyanobactérie) s’élève à 63 tonnes (poids sec) par 147 entreprises pour un tarif unitaire de 119.8 €/kg
  • Enfin 7 entreprises sont recensées dans la culture de chlorella et autres microalgues.

Les 2/3 de la culture des macroalgues sont destinées à l’alimentation humaine et animale et le tiers restant pour l’industrie cosmétique ou pharmaceutique.

La spiruline, elle, est destinée uniquement au secteur de l’alimentation humaine avec une vente directe au particulier qui représente 50% des tonnages et  1/3 est vendu en magasins de producteurs, amap et autres magasins bios.

Sources :

Fiche de synthèse Aquimer du 23/07/2020 « Rapport 2020 sur l’économie bleue dans l’Union européenne »

Fiche de synthèse Aquimer du 24/07/2020 « L’aquaculture française en 2018 : résultats de l’enquête statistique de 2019 »

Agreste. Enquête aquaculture 2018. Mai 2020 (n°3). Recensement pisciculture, culture d’algues et cyanobactéries 2018.

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